La difficile progression des “tools for thought”

2021-06-09

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L’appellation tools for thought recouvre un sous-domaine des outils de gestion de connaissance, souvent personnelle (personal knowledge management, PKM). Pensez Roam Research, Notion, Obsidian… Dans « Ratcheting progress in tools for thought », Andy Matuschak regrette que le domaine progresse de manière encore trop éparpillée, notamment parce qu’il manque une conversation globale (ce qu’il appelle une « scène ») pour discuter les observations généralisables livrées par les projets – observations déjà rares à cause du manque de terrains concrets pour susciter ces observations dans les projets universitaires, et du manque de volonté du côté des entreprises, qui y voient une menace envers leur modèle économique.

Cet article était initialement réservé aux contributeurs du Patreon de Matuschak. Chacun doit subvenir à ses besoins comme il le peut, et le financement participatif permet à Matuschak de travailler comme chercheur indépendant quand l’université est hors d’atteinteMatuschak a écrit sur sa situation et motive son rejet de l’université par un commentaire sur la discipline de l’interaction humain-machine. Je ne connais pas sa position sur les sciences de l’information, l’organisation des connaissances et le partenariat recherche-ingénierie à l’œuvre dans les humanités numériques, un écosystème pourtant parfait pour le développement des tools for thought.
. Mais si cela implique la réclusion des écrits derrière un paywall à barrière mobile, alors on a le pire des deux mondes : la précarité des chercheurs et le verrouillage de la connaissance. Le problème ici n’est pas seulement la jeunesse d’un domaine composé de figures influentes mais isolées les unes des autres ; c’est aussi la situation catastrophique de l’emploi académique qui me paraît être en cause.